vendredi 26 décembre 2008




Je suis un objet. De désir. De convoitise. Je suis une chose. De trop. Qui emmerde. Je suis une conquête. A consommer. A consumer. Je suis bonne. A rien. A prendre. Je suis un matériel. De discorde. De display. Je suis parfaite. Imbécile. Et silencieuse. Je suis un sac de sable qui prend des coups. De poing. De pénis. Je suis une marchandise. De luxe. De transaction. Je suis une enveloppe. Sur laquelle on s'épanche. Et que l'on chiffonne. Je suis un trou. Qui engouffre le malheur du monde. Pour mieux le cacher. Je suis une prise de guerre. Là-bas. Et puis tout près, aussi. Je suis matière. Première. Et la dernière des salopes. Je suis un résultat. De quinze bières. D'une équipe de foot qui a perdu ou gagné. Je suis défigurée. De tristesse. Ou à l'acide. Je suis battue ou abattue. Par mon partenaire. Par mon ex. Je suis morte. De honte. De peur. Je suis enceinte. D'un garçon qui ne naîtra pas. Parce qu'une fille, c'est mieux. Je suis une cage. Qui donne la vie. Et reçoit la mort. Je suis un asile. Pour fous. Pour furieux. Je suis un port. Où l'on vient mouiller. Où l'on vient s'abreuver. Je suis une porte. Des cuisses que l'on ouvre. Et que l'on ne referme pas pour le suivant. Je suis un corps. Des jambes. Un cul. Des seins. Une bouche. Je suis un sexe. Excisé. Mutilé. Je suis un sexe. Cousu. Et qui hurle. Je suis un sexe. Le beau, paraît-il. Le féminin. Je suis une femme sur deux. Je suis une femme. Je suis à respecter.